Les critiques : Légende rurale
19/05/2008 21:51 par histoires-fantastiques
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Les critiques : Légende rurale
19/05/2008 21:51 par histoires-fantastiques
Catherine Robert (http://nouvelles.forumactif.com/)
Lundi 19 mai 2008 - 21:07
Je viens de terminer. J'ai bien aimé cette histoire qui possède un bon rythme et une bonne progression dans l'intrigue. Pour les points négatifs, les habituelles fautes de conjugaison qui perturbent par moment la lecture et certaines maladresse dans le choix du vocabulaire, des mots mal choisis. Mais je répète que j'ai beaucoup apprécié le moment.
Max (http://nouvelles.forumactif.com/)
Mardi 20 mai 2008 - 19:31
"La légende continue..."
C'est la fin de ta nouvelle et ca résume l'ensemble du texte.
Je suis partagé, d'un coté c'est bien que la légende continue, justement, ca fait travailler l'imagination ; le flou de l'histoire, son esotérisme fait son charme. Mais d'un autre coté ca me fait aussi chier qu'on ne puisse mettre un point final à cette légende, savoir le fin mot de l'histoire en somme. Mais finallement une révélation finale aurait gachée en partie le charme du texte je pense, donc c'est aussi bien comme ça ; la légende continue 
J'ai été gêné par les fautes, mais tu le sais et tu y travailles. C'est dommage car c'est vraiment dérangeant eû égard à la relative longueur de la nouvelle ; en clair, ça rend la lecture assez éprouvante à la longue.
Mais heureusement que les qualités de l'histoire font oublier ces travers.
Parce que ma foi, quelle ambiance ! J'ai vraiment apprécié l'atmosphère que tu retranscrit très bien, avec notamment les petites descriptions/mimiques pourtant simples des personnages. Elles sont très efficace et participent à créer une ambiance crédible et absorbante, c'est la marque des bon écrivains.
Franchement on sentirait presque l'ambiance chaleureuse, enfumée, quasiment fiévreuses et les effluves alcoolisés du bar 
J'ai par contre ressentit une sorte de déséquilibre, parce que 6 pages sur 7 sont consacrées aux histoires et légendes relatées par les "vieux" dans le bar ; ca fait plus qu'une page pour ce qui devrait être le dénouement et la fin de l'histoire. En clair, je trouve la fin trop rapide, précipitée même à la limite... ; c'est difficile à expliquer mais c'est le sentiment que j'ai eu.
Mais ca reste une nouvelle sympathique et sans trop de prétentions j'imagine, qui fait passer un agréable moment . 
Et puis j'ai oublier de préciser aussi que je trouvais le mythe plutôt original, en ce sens que ça ne me rappelais pas un autre mythe, c'est donc un autre bon point 
maerlyn (http://nouvelles.forumactif.com/)
Vendredi 6 Juin 2008 - 18:41
Bon et bien tout a déjà été dit sur ta nouvelle j'ai l'impression.
C'est beaucoup plus fluide que "Démence", et tes dialogues sont plutôt bien foutus. En effet pas mal de fautes de conjugaisons. Vrai problème à ce niveau là ou manque de relecture ? (parce que je sais que moi j'en fais pas mal quand j'écris mes phrases trop vite et que je me relis pas assez) L'histoire est sympa, on s'ennuie pas du tout. Et même si la fin est attendue, ça m'a pas trop gêné.
Strange ( http://nouvelles.forumactif.com/)
Samedi 7 Juin - 15:45
Je connais beaucoup de legendes urbaine et autres et ton histoire ne m'en rappel aucune ce qui est déjà un bon point! De plus tu te débrouilles bien dans les dialogues, l'ambiance et les personnages sont réussi. Pour ce qui est de la fin je la trouve pas trop rapide, elle est comme il le faut ( mais ça reste encore une fois que mon avis). Et puis j'aime bien l'idée de fin. " La legende continue ..."
Bon et pour ce qui est des fautes j'ai pas grand choses à dire ....
Rhaîv ( http://nouvelles.forumactif.com/)
Vendredi 4 juillet - 14:08
Une nouvelle sympathique
(mais... arrête les fautes de participes/infinitifs...)
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Légende Rurale
19/05/2008 15:19 par histoires-fantastiques
« C'était lors de la seconde guerre mondiale », commença-t-il son histoire, regardant la photographie en noir et blanc accrochée au-dessus de la borne d'arcade.
Elle représentait la vieille gare ferroviaire du village, aujourd'hui transformée en salle des fêtes.
« Je tiens à préciser encore qu'aucun habitant du village encore sur ses deux pattes n'a su ce qui c'était passé là-bas... Putain, elle paye pas de mine quand j'y pense, cette foutue caverne, marmonna-t-il. En 1942, une poignée d'Allemands avait pris possession du village, ces hommes vivaient tranquillement au milieu des habitants. La cohabitation se passait sans heurt, dans le calme, jusqu'au jour où trois petits cons de treize ans se mirent en tête d'anéantir une paire d'Allemands. Les trois gamins qui traînaient d'ordinaire près de la forêt pour jouer à la « guèguerre », avaient surpris un jour quelques boschs qui s'engouffraient dans la caverne. »
Antoine s'arrêta quelques secondes pour terminer son verre. Henry Stanton avait l'air faussement désintéressé, mais Remeyer sentait bien que son histoire l'avait accroché. Maxime Lestrure quant à lui, n'avait pas bougé de la table où Antoine se trouvait encore quelques minutes auparavant. Il avait arrêté de se ronger les ongles et mâchait un swing gum. Maurice Bergman se grattait la barbe en attendant patiemment la suite des événements et Jack profitait de ce temps mort pour passer un coup de balai rapide autour du bar où résidaient les cendres de cigarette d'Henry Stanton.
« Je ne sais pas si vous avez déjà pénétré à l'intérieur de cet endroit, poursuivit Antoine Remeyer, mais la galerie s'arrête après une cinquantaine de pas, débouchant ensuite sur une sorte de grande salle de plusieurs mètres de profondeur. »
Personne ne l'interrompit alors il continua : « La dernière fois où j'y ai mis les pieds il y avait encore une échelle qui menait jusqu'en bas... enfin bref, un jour les gamins ont emboîté les pas des soldats... qu'est-ce qu'ils avaient à craindre ? Un coup de pied au cul tout au plus ? Avec leur unique lampe de poche ils sont arrivés jusqu'au bord du gouffre. Les nazis étaient tous agglutinés en bas, autour de lampes à pétrole et buvaient à gorges déployées. En ce mois de juillet 1942, il faisait une chaleur à crever. La grotte avait une température constante de 14 °C en toutes saisons. Une aubaine pour ceux qui voulaient se siffler une bonne bouteille au frais. Les Allemands avaient plongé leur réserve de bières dans le petit cours d'eau fraîche qui coulait à l'intérieur de la caverne, ce qui leur permettait de conserver leurs boissons à température idéale. Quand ils ont vu ça, les trois garnements ont saisi l'occasion et ont agrippé l'échelle pour la retirer, ce ne fut pas chose facile vu la longueur qu'elle avait. Ils se sont fait insulter de tous les noms d'oiseaux, mais les galopins n'ont pas remis l'échelle en place. Non, ils sont rentrés chez eux. »
Antoine se mit à rire.
« Et vous voulez savoir la meilleure les amis ? Les nazis ne sont jamais sortis de là. Je soupçonne d'ailleurs l'ami de mon père d'avoir été un de ces petits morveux. »
L'assistance était restée silencieuse durant tout le récit du vieil homme, mais Henry ne garda pas sa langue dans sa poche bien longtemps : « Mais ils étaient bien armés tes Allemands ? Pourquoi n'ont-ils pas tiré pour se faire entendre de leurs collègues ?
– Tu as déjà essayé de tirer dans un endroit pareil ? C'est pratiquement insonorisé et puis le Q.G des boches était à plus d'un kilomètre de distance. Sans nourriture, ces types sont probablement morts de faim au bout de quelques jours. Je suppose qu'ils ont dû quand même essayé leur pétoires en désespoir de cause.
– Pourquoi tu dis probablement ? Tu penses peut-être qu'ils sont morts autrement ? demanda Jack qui s'était rassis durant l'histoire des nazis.
– Oui c'est-ce que je veux dire, je ne connais personne qui soit allée au bout de la caverne... les Allemands ont peut-être voulu trouver une autre échappatoire et se sont fracassés le crâne au fond d'une crevasse, lui répondit Remeyer.
– Ou alors ils se sont mangés entre eux, comme cette fameuse histoire des rescapés du crash dans la Cordillère des Andes, signala Maxime en cherchant du regard l'approbation de ses camarades.
– Oui, tu n'as pas tort Lestrure, lui confirma jack. Que ferions nous dans une situation pareille ? Quand tu es tiraillé par la faim ? Tu en choisis un, le plus gros de préférence et tu l'égorges comme un porc, affirma-t-il.
– Le plus gros ? demanda Maxime avec surprise.
– Ben oui, si tu tues le plus maigre tu seras obligé d'en liquider un autre plus tôt que prévu... et le prochain ça pourrait être toi », lui répondit jack.
Maxime approuva cette idée.
« Tout ça c'est de la merde en boîte ! vociféra Henry, visiblement dépassé par les événements et l'alcool qui remplissait son corps. Ce ne sont que des fadaises !
– Ah ouais ?! Alors comment ça se fait que mon père ait vu ce soldat à l'entrée de la grotte ? » interrogea Maurice sur un ton de parfait mépris.
Antoine se leva pour tenter de calmer les esprits.
« Il est vrai qu'il y a des similitudes avec mon histoire mon cher Maurice, mais ton Allemand est apparu des années plus tard... à moins qu'à l'époque ceux-ci n'aient été encore en vie quelque part à l'intérieur. »
Henry hurla de rire : « Mais vous êtes tous marteaux ma parole et pas un pour rattraper l'autre, c'est une véritable secte de la connerie ! Tiens tant qu'on y est, je vais vous dire quelque chose qui va vous faire rire, plus on est fou plus on rit, c'est pas ça qu'on dit ? Je vais y aller dans votre caveau et je vais vous prouver qu'il n'y a rien du tout à l'intérieur. »
Il avait dit cela le plus sérieusement du monde et avait dévisagé tous ses camarades les uns après les autres pour bien stipuler qu'il ne plaisantait pas.
« Dès demain matin, je file au supermarché pour me payer une bonne lampe de poche, puis je fonce chez l'armurier pour m'acheter le magnum 44 de l'inspecteur Harry afin de flinguer tout vos abrutis de fantômes habillés en nazis. »
La fin de sa phrase fut accompagnée d'une grimace hideuse censée faire peur à ses camarades. Cela eut son effet.
« Te sens pas obligé Henry, l'interpella Maurice, visiblement inquiet pour son ami. Tu pourrais facilement te blesser dans cet endroit. »
Découvrant que Stanton gardait son air sérieux beaucoup trop longtemps, Maurice Lestrure s'énerva pour le faire sortir de son état : « Mais enfin tu n'y penses pas ! Tu n'as jamais fait de spéléo de ta vie et tu voudrais te taper vingt mètres de descente en rappel ? C'est de la folie ! Mais dites lui bon dieu ! » lâcha-t-il en vociférant sur les autres afin qu'ils le soutiennent.
C'est ce qu'ils firent, essayant de persuader Stanton que ces histoires n'étaient que de stupides légendes. Mais Henry resta campé sur sa position.
« J'espère ensuite que vous arrêterez de la ramener avec vos histoires », finit-il par dire en déposant quelques billets de cinq euros sur le comptoir.
Il sortit du bar s'en dire un mot à ses camarades.
Quand il disparut au coin de la rue, Jack vida la caisse de sa maigre récolte et interrogea Maurice :
« Tu crois vraiment qu'il va aller là-bas ?
– Je ne pense pas... mais en tout cas nos histoires l'ont mis en rogne. Je crois qu'il faudrait arrêter quelques temps d'en discuter... au moins devant lui. »
Ils approuvèrent tous en coeur. Ils appréciaient beaucoup Henry Stanton, c'était un gars bien, plein d'humour et de compagnie agréable malgré son côté ronchonneur. Jack posa une dernière question à Antoine, une question qui le tarabustait depuis que celui-ci avait mentionné la fin tragique et supposée des soldats Allemands.
« Et les cadavres Antoine ? Il devait bien y avoir des traces non ?
– D'après ce que m'a raconté l'ami de mon père, rien n'a été retrouvé à l'époque, pas même dans les années qui suivirent... mais entre nous Jack, la grotte est tellement profonde, les corps pourraient être n'importe où. »
Les quatre acolytes se quittèrent en poignées de mains et retournèrent chacun dans leur chaumière, oubliant peu à peu la soirée au gré de leur sommeil réparateur. Demain serait un autre jour...
Le lendemain fut une journée un peu spéciale. La fête des chasseurs était organisée par le maire du village, la journée comportait un concours de pétanque, un match de football avec les vétérans du coin et un dîner avec un orchestre baptisé « Sirocco ». Maxime Lestrure était chargé des frites et des sandwiches et Jack Ribalant de la buvette. Au milieu de toutes ces festivités noyées d'alcool et des nombreux habitants venus des villages voisins, personne ne remarqua l'absence d'Henry Stanton, pas même ses amis. La journée s'écoula, puis vient le repas du soir accompagné de musique jusqu'à deux heures du matin.
Quand les premiers arrivants débarquèrent le lendemain matin dans le « Bar de l'univers », ceux-ci furent tous surpris puis finalement inquiet de constater qu'Henry n'était pas à sa place habituelle. Jack était derrière son comptoir à regarder la rue.
« Il est reparti ? demanda Maxime en désignant la place vide.
– Il n'est tout simplement pas venu... j'ai l'impression que quelque chose lui est arrivé, répondit Jack visiblement soucieux.
– Je vais tenté de le joindre chez lui, fit Maxime en s'approchant du téléphone.
– J'ai déjà essayé, l'arrêta Antoine, il n'y a personne chez lui. »
Le vieil homme était toujours accoudé à sa table de prédilection, on aurait dit qu'il n'avait pas bougé de là depuis deux jours.
« Alors on attend plus », déclara Maurice Bergman qui venait d'entrer dans le bar et avait surpris la conversation.
Ils le regardèrent tous, la mine grave.
Le corps d'Henry Stanton fut découvert aux alentours de midi, grâce aux indications de ses amis. À l'entrée de la galerie se tenaient pratiquement l'intégralité des 350 habitants du village. Personne ne vit directement le cadavre, mais beaucoup auraient souhaité pouvoir le faire, certains s'étant même déplacés spécialement pour ça. La dépouille de Stanton était bien emballée dans un sac mortuaire à l'abri des regards indiscrets. Il défila devant les yeux des villageois jusqu'à ce qu'il fût dans l'ambulance. Une fois le fourgon disparu et l'attroupement décimé, il ne restait plus que les gendarmes, les quatre amis d'Henry et deux ou trois personnes qui n'avaient rien d'autre à faire. C'est Antoine qui finit par s'avancer le premier vers le capitaine de gendarmerie, occupé à donner des directives à ses gendarmes.
« Robert ? »
Antoine le connaissait bien, il avait été à l'école avec son père.
« Bonjour Monsieur Remeyer, vous voulez des explications ? demanda le capitaine avec un regard compréhensif.
– Oui, nous aimerions que tu nous expliques ce qui c'est passé. »
Maurice, Maxime et Jack s'avancèrent à leur tour en direction des deux hommes.
« Pour tout vous dire, votre ami est mort d'une crise cardiaque. On a retrouvé son corps dans la cavité, vingt mètres plus bas. Apparemment il s'est pris les pieds dans des branchages qui traînaient là depuis mathusalem et dans la panique il s'est complètement écorché la jambe et le tibia en essayant de s'extirper de là. Il a dû avoir une peur bleu, le pauvre homme avait le regard si... effrayé. J'ai jamais vu le visage d'un mort exprimant autant la peur. On a récupéré sa lampe... elle était encore allumée et beaucoup trop loin pour lui, il a dû la laisser tomber pendant qu'il se dépatouillait avec les branches. Le pauvre homme n'a pas pu s'en saisir... s'il l'avait fait, il aurait pu découvrir ce qui retenait sa jambe et son coeur n'aurait jamais lâché... il serait encore parmi nous aujourd'hui, je suis vraiment désolé messieurs.
– Ce n'est pas possible », murmura Maurice qui semblait le plus touché.
Il ne put retenir ses larmes bien longtemps.
« Vous pensez qu'il aurait pu voir quelque chose ? demanda Maxime Lestrure.
– Je veux bien mais quoi ? interrogea le gendarme avec une certaine surprise.
– Je ne sais pas... une bête par exemple », répondit Antoine Remeyer.
Antoine ne voulait en aucune manière aborder les histoires de nazis ressuscités, mais il désirait ardemment que les morceaux du puzzle se remissent en place sous peine de perdre la boule.
– Peut-être bien, fit le capitaine qui paraissait réfléchir à cette hypothèse. Mais je ne vois pas ce qui pourrait vivre dans un endroit pareil. »
Il fronça les sourcils, ses yeux étaient rivés sur l'ouverture qui ressemblait d'ici à un fond de chiottes négligé envahi de calcaire.
Quand ils furent tous sur le point de regagner leurs pénates, le capitaine les interpella :
« J'oubliai ! Mes hommes ont retrouvé ça dans la caverne, à quelques mètres du corps. »
Il saisit quelque chose sur le siège passager et l'agita sous leurs yeux.
« Est-ce que ça lui appartenait ? » demanda-t-il.
Les quatre amis restèrent muets de stupéfaction.
« Non... ce n'est pas à lui, murmura Maurice après plusieurs secondes de silence.
– Jamais vu ça », avoua à son tour Jack dont le visage avait pris dix ans d'un coup.
Abasourdis, Maxime et Antoine ne tardèrent pas à donner également leur réponse.
« Très bien, s'exclama le capitaine, je crois que vous savez tout.
– Merci Robert », s'empressa d'ajouter Antoine qui était visiblement pressé de s'en aller d'ici.
Dans un geste déplacé, le gendarme déposa la casquette S.S sur son crâne et se reluqua dans son rétroviseur : « Elle me va plutôt bien vous ne trouvez pas ? »
Les quatre amis s'éloignèrent, laissant le gendarme simuler le salut nazi de manière grotesque et scandaleuse pour un homme de sa fonction.
Les mois qui suivirent, aucun fait nouveau ne vint éclaircir la mort d'Henry. De nos jours, le « Bar de l'univers » est toujours fréquenté par Antoine Remeyer et sa bande, mais des jeunes écervelés sont venus s'y ajouter. Et quand ceux-ci, ivres d'alcool, demandent un peu trop lourdement aux anciens du bar de leur raconter leurs histoires de fantômes, Antoine, Maurice et les autres ne se gênent pas pour dire qu'Henry Stanton s'était fait avoir par des spectres nazis qui vivaient dans la grotte depuis 1942...
La légende continue...
Bez et Esparon
Du 13 mai au 19 mai 2008
© ® Auteur : Eric Fesquet, texte déposé.

Légende Rurale
17/05/2008 00:44 par histoires-fantastiques
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Légende Rurale
17/05/2008 00:44 par histoires-fantastiques
Par Fesquet Eric
« Moi j'y crois pas à vos conneries. »
Henry Stanton écrasa sa cigarette dans le cendrier et ajouta :
« Et vous voulez que je vous dise autre chose ? questionna-t-il, en renversant bêtement un peu de whisky sur le sol. Vous commencez à me les briser menu avec vos histoires de fantômes, chaque année c'est la même chose... et bla et bla et bla !! J'en ai ras le cul de vos saloperies de trous du cul de spectres ! »
De rage, il en ralluma une autre et appuya son dos contre le bar.
« Je suis certain que c'est le seul troquet du pays où les gens ne parlent pas de foot et de politique, mais seulement de stupides histoires d'apparitions. Ils doivent nous envier vous pouvez me croire. »
Il caressa sa moustache pour éponger un peu l'alcool qui résidait à cet endroit. Il était le plus jeune de la bande et ramenait sa gueule bien (trop) souvent. C'était un râleur invétéré en somme. Il était 23 heures et le bar n'allait pas tarder à fermer ses portes. Ne restait plus dans la salle que les habitués, ceux qui n'avaient pas de femme à la maison et qui traînaient là jusqu'à la fermeture. « Chez nous on aime les touristes ! » était la mention accolée juste au-dessous du titre pompeux : « Bar de l'univers », qui désignait l'unique café de Vasigliant, petit village de 350 âmes. Dans ce bled, la moitié de la population était sexagénaire et dans la taverne, elle frôlait les cent pour cent.
« N'empêche que des choses bizarres se sont passées là-bas Henry, lui lança Jack Ribalant en finissant d'essuyer ses verres blotti derrière son comptoir.
– Bizarre bizarre...si on veut... et le jour où Johnny Cameron s'est fait surprendre habillé avec les sous-vêtements de sa femme ! Là aussi tu vas me dire que c'était bizarre ? lâcha-t-il en se retournant sur le barman pour hurler de rire.
– Te fous pas de ma gueule s'il te plaît, tu sais très bien ce que je veux dire, fit celui-ci en souriant devant la bonne humeur de son client.
– Moi j'ai jamais rien vu de ma vie... », confia Maurice Bergman qui était tranquillement installé à une table, occupé à nettoyer sa paire de double foyer.
Complètement dégarni du chapeau, sa barbe folle s'éparpillait au hasard.
«...mais mon père lui, il a vu des choses. »
Bergman avait voulu lancer une phrase pleine d'intensité, pour impressionner Henry Stanton, mais celui-ci ne fut point troublé et se mit à rire de plus belle :
« Ha ha ha ! Non mais sans déconner, vous croyez vraiment à ces balivernes ? Que quelque chose vit là-dedans depuis plus de soixante ans ?! Vous êtes ravagés les gars ! Réveillez-vous, nous sommes en 2004. »
Henry finit son verre de whisky et en commanda un autre que jack accepta de lui servir sans rechigner. C'est qu'il fallait pas l'emmerder le Henry. Il était capable de devenir très méchant quand on lui refusait un verre.
« Laisse-moi finir s'il te plaît », lui intima Bergman, vexé par l'impertinence d'Henry Stanton. Celui-ci donna son assentiment et Maurice poursuivit : « Mon père avait vu un truc étrange, il me l'avait raconté du temps où il était encore vivant, c'était au début des années soixante-dix il me semble. »
Constatant que le récit allait s'allonger dans la durée, Jack Ribalant s'assit sur son tabouret et s'alluma lui aussi une cigarette. Il connaissait la plupart des croyances sur la grotte de Vasigliant, certaines avaient même été inventées de toutes pièces et déformées au cours des années. Tout le monde au village connaissait une anecdote sur ce lieu, mais celle que Maurice était en train de leur narrer, Jack ne l'avait jamais entendu. Dans la salle se trouvait également : Antoine Remeyer, fermier à la retraite et Maxime Lestrure, ancien garde de la mairie. Quand Maurice vérifia qu'il avait toute leur attention, il reprit la narration : « C'était en 1961, mon père revenait de la chasse, du côté de Montardieu en fin de matinée. Il était seul et grimpait la côte pour rejoindre le village. Quand il s'était rapproché du panneau indiquant : « Vasigliant 1 km », il avait commencé à se sentir mal à l'aise, comme si quelqu'un l'épiait. Il m'avait raconté qu'il s'était retourné, pensant apercevoir un villageois lui emboîtant le pas, mais la route était déserte. À part le chant des oiseaux, l'atmosphère paraissait étonnamment statique et silencieuse. En reprenant son ascension en direction du village, il avait alors aperçu quelque chose, juste en lisière de route, à l'entrée de la caverne. Dans la pénombre de l'ouverture, un homme habillé en soldat se tenait là. Mais pas n'importe quel soldat non... un bosch, un nazi de la seconde guerre mondiale. Mon père ayant fait la dernière guerre, il avait reconnu l'uniforme et le casque arborant l'emblème hitlérien sur le champ. Le type était accroupi juste à la limite des rayons du soleil, les bras sur les cuisses et son casque touchait presque la voûte de la caverne. Comme vous le savez tous, on est obligé de se baisser pour pénétrer dans la galerie tellement l'entrée est étroite. Mon père avait failli avoir une attaque. L'homme était resté totalement immobile et son regard s'était braqué sur mon père, ça il s'en souvenait très clairement... et à un moment donné, ses yeux avaient brusquement disparu... comme si ses orbites s'étaient vidées tout d'un coup.
– Et qu'est-ce qu'il a fait ton père, il a sorti son fusil pour le plomber ? demanda Henry, cette fois respectueux dans son attitude.
– Non... il n'avait pas su à ce moment-là, s'il fallait s'approcher du monsieur pour tailler une bavette ou s'éloigner de là à toutes jambes. Finalement, l'Allemand avait semblé s'évaporer dans l'air et au bout de quelques secondes il avait fini par disparaître.
– Ben merde alors, s'exprima Henry Stanton qui n'avait pas gardé sa déférence bien longtemps, tu penses pas que ton père avait bu un coup de trop ce matin-là ? Tu sais, mon paternel aussi partait à la chasse à cette époque là et il rentrait des fois complètement pété, lui affirma Stanton sur le ton de la plaisanterie, ce qui provoqua un fou rire général.
– C'est ça, moquez-vous bande de cons, en attendant il a bien vu quelque chose, il a même ramené une preuve. »
Maurice se referma sur lui-même pour boire son verre, attendant qu'un de ses camarades lui pose la question inévitable.
« Quelle preuve Bergman ? » l'interrogea ce coup-ci Maxime Lestrure qui n'avait pas encore ouvert la bouche, occupé qu'il était à ronger ses ongles, assis à la table de son copain Antoine Remeyer.
Maxime ne fumait plus depuis deux semaines, mais l'envie de reprendre le démangeait, surtout quand il était entouré de cette bande de vieux fumeurs invétérés qui avait quand même, faut-il le souligner, tentaient les premiers temps de sortir fumer sur la terrasse du café par respect pour leur camarade et son intention louable... ça avait duré deux jours. Lorsqu'il se laissait pousser la barbe, sa ressemblance avec le père-noël était flagrante, si bien que l'école du village faisait appel à lui chaque année. « Faut bien faire son beurre », disait-il souvent quand on lui demandait si cela lui plaisait.
« Ouais, qu'est-ce qu'il a trouvé ton père ? surenchérit Henry Stanton.
– Un insigne... représentant un aigle surplombant une croix gammée », lâcha Maurice en les observant tour à tour avec un regard simulant l'étonnement, comme s'il narrait un conte fantastique à des enfants en bas âge.
Quand il eut - avec un plaisir sournois - découvert sur les visages de ses compagnons une pointe d'étonnement et de malaise, il poursuivit :
« Mon père s'était approché de l'entrée et avait remarqué cet emblème nazi abandonné dans les herbes au pied de la caverne. Il avait longtemps hésité avant de s'en saisir, observant inquiet, les profondeurs de la grotte mystérieuse et impénétrable qui étaient à quelques centimètres de lui... il avait même entendu une voix chuchoter son nom dans les ténèbres. Je vous mentirez en vous disant que mon père a su garder son sang-froid à ce moment là. Il a littéralement chié dans son froc, je crois même que jusqu'à sa mort, il n'était plus jamais retourné chasser tout seul dans ce coin là. »
Maurice fit une pause pour siroter son breuvage et observer la rue St-Martin, éclairée par des lampadaires vieillissant. Il n'y avait personne à cette heure là, le petit village était désert, tout le monde chez soi, excepté bien sûr la bande de poivrots indécollables du Bar de l'univers.
« Tu l'as vu toi... cet insigne ? lui demanda Henry, toujours occupé à pomper le whisky anglais.
– Pas personnellement », répondit Maurice, sentant bien que cette réponse pouvait foutre en l'air son récit, mais il n'était pas le premier ni le dernier à qui cela arriverait.
– C'est bien ce qui me semblait », lança Henry, la mine aigrie.
Dans le bar, Jack avait coupé le son de la télévision et baissé les volets électriques. Il était près à fermer son enseigne, mais il allait devoir attendre patiemment que ses amis finissent d'en découdre avec leur histoire de revenants.
« En somme, vous avez tous ici une histoire rocambolesque à me raconter sur cette grotte ? » pesta Henry.
Tout le monde hocha la tête d'approbation, l'air solennel à en crever.
« Vous devriez voir vos gueules les gars... c'est pitoyable », ajouta-t-il avant d'interpeller Maxime Lestrure : « Je suppose que toi aussi tu connais une histoire que ton père ou je ne sais qui encore t'aurait raconté dans les années où les Beatles étaient encore en couche culotte ?
– Bien sûr que j'en connais une... », affirma Maxime, tout d'un coup heureux de mettre ses connaissances à contribution.
Il se dandinait de gauche à droite comme un gamin excité.
«... d'ailleurs c'est à peu près dans ces années-là que mon père a eu lui aussi une expérience dans le même genre, mais il m'en a parlé sur le tard, déclara Maxime Lestrure tout en gardant une expression enjouée sur son visage ridé.
– Je rêve, murmura Henry. D'accord... tu veux bien nous la raconter s'il te plaît ? lui demanda-t-il un peu sèchement avant de se lever de son tabouret pour se dégourdir les jambes.
– À part toi tout le monde la connaît ici », lui lança Maxime, comme pour souligner ironiquement que le grand dadais qui était en train de se moquer du patrimoine symbolique du village, ne vivait ici que depuis peu.
Henry Stanton n'habitait Vasigliant que depuis trois ans. Auparavant il demeurait dans la ville voisine à une trentaine de kilomètres. Il était né ici et avait vécu dans le village avec ses parents dans les années soixante, mais quand ceux-ci s'étaient séparés, le petit Henry était parti vivre avec sa mère, laissant son père tout seul ici. Tous les Vasiglianais connaissaient le fils Stanton, mais un gouffre s'était creusé entre eux, au point qu'il était même considéré comme un étranger.
« Tu veux bien me resservir Jack ? » souffla Henry en essayant de garder son calme.
Il n'aimait pas qu'on lui balance ce genre de choses à la figure. Le barman s'exécuta, bien conscient que la soirée n'était pas prête à se terminer avec ces conteurs imbibés d'alcool.
« Ça ce passait en 1956, mentionna Maxime, peu soucieux de ce que pouvait ressentir Henry à ce moment-là. Mon père venait d'épouser ma mère quelques temps plus tôt. Comme par hasard, il revenait de la chasse ce jour-là... »
Il dévisagea Henry, comme pour lui signifier qu'il n'avait pas intérêt à lui balancer une de ses vannes, mais celui-ci était encore énervé par le sous-entendu mordant et s'intéressait à la porte d'entrée entrouverte qui laissait pénétrer un petit air frais bienfaisant dans l'étuve chlinguant la vieille chaussette et la transpiration masculine.
« ... son chien était avec lui, un brave épagneul de cinq ans, poursuivit-il. C'était la fin d'après-midi et mon père revenait de « La Tronquisse » avec son fusil sur l'épaule. Dans la côte qui menait au village, il pouvait apercevoir la caverne. Quand il fut à quelques mètres de l'entrée, qui vous le savez tous, débouche directement sur la route, « Rufus » avait commencé à couiner, la queue entre les pattes arrières. Mon père avait regardé dans cette direction et là subitement...
– Et là quoi ? le coupa Henry qui avait repris du poil de la bête. Tu vas me dire qu'il y avait encore une de ces saloperies de Bosch à l'entrée de la grotte et que le type a salué ton père en soulevant son casque ?
– Pas exactement non, en fait mon père n'a rien vu, c'est Rufus qui a aperçu ou senti quelque chose, cet idiot de chien a filé brusquement dans la galerie, mon père n'a rien pu faire et il n'a pas osé pénétrer à l'intérieur pour lui courir après. À quoi bon ? Il n'avait pas de lampe. Au final il s'est égosillé à hurler après lui pour qu'il revienne, mais en vain...
– Il a fini par revenir chez lui comme un bon toutou à son pépère c'est ça ? fit Henry, finalement curieux de savoir se qu'était devenu l'animal.
– Non, il n'est jamais revenu... et mon père a entendu quelque chose venant des profondeurs, un bruit bizarre, comme si son chien s'était fait broyer les côtes... oui oui, c'est ce qu'il a dit, broyer les côtes », assura Maxime devant le regard circonspect d'Henry Stanton.
Jack s'était tassé sur son tabouret, comme si l'âge s'était abattu tout d'un coup sur ses épaules. Il zieutait de temps en temps sa montre en poussant un soupir, comme pour signifier qu'il était déjà tard et qu'il aimerait retrouver son lit.
« Pauvre bête », lâcha Henry sur un ton faussement attristé.
Son regard se porta sur Antoine Remeyer, le plus âgé d'entre eux... il était toujours à sa table et n'avait pas dit un seul mot de la soirée.
Stanton le chambra un petit peu : « Et toi vieille branche ? Pourquoi tu dis rien, t'as quelque chose à cacher ? »
Le vieil homme, le regard perdu sur sa table où résidaient les nouvelles de la journée, leva les yeux vers lui et répliqua : « Une chose est sûre mon cher Henry, fit-il en refermant son quotidien, les choses ont commencé à se manifester après la seconde guerre mondiale.
– Ben voyons. »
Henry commençait à croire que tout le monde se foutait de sa gueule.
« D'accord ! Vas-y raconte, je suppose que je suis le seul à ne pas être au courant ? » ajouta-t-il sèchement.
Antoine Remeyer avait passé les soixante-dix ans et se tenait souvent en retrait de ces conversations ésotériques, comme s'il laissait le soin à ses amis de débattre à sa place de la véracité de ces histoires. Malgré sa passivité légendaire, il n'était jamais mis de côté lorsqu'il s'agissait de rappeler les antécédents historiques du village.
« Tu te trompes... personne n'a eu vent de ce que je sais », rétorqua celui-ci.
Sa réponse eut la faculté de figer l'auditoire.
« Cette histoire n'a rien à voir avec les récits d'apparitions ou même de disparitions qui se seraient produites aux alentours de la galerie, dit-il jetant un oeil sur Maxime. Mais cependant, une chose me trouble : le militaire Allemand que ton père a dit avoir vu ce jour de 1962 , dit-il en interpellant Maurice. Ton histoire a des similitudes indiscutables avec le récit que m'a raconté un ami de mon père, il y a bien longtemps. En fait, je pense que l'on peut considérer les dires de ce monsieur comme véridiques. »
Il se leva de sa chaise et se rapprocha du zinc où se tenait Henry Stanton. Il s'assit à côté de lui et pria Jack de servir une tournée. Le barman ne rouspéta même pas. Il était curieux de découvrir ce fait marquant de l'histoire de la caverne que personne ne semblait connaître à part l'encyclopédie vivante du village.
« Pour vous parler franchement mes amis, je dirais que 99 % des histoires qui se racontent dans le village depuis l'après guerre ne sont que pures inventions. On raconte que parfois, à certaines heures du jour, on peut entendre le rire d'un enfant aux abords de la caverne. Il y a bien eu une petite fille qui a disparu en 1955 alors qu'elle jouait sur la route avec sa poupée non loin de la grotte, mais elle aurait pu être enlevée par un fou, rien n'a jamais prouvé qu'elle se soit engouffrée dans un endroit pareil. Quant aux lumières étranges que l'on avait aperçu durant l'été 1973, elles correspondaient bien à l'emplacement de la caverne, mais en ce temps-là, les jeunes aimaient bien se promener le soir jusqu'à « la Tronquisse ». Il se pourrait fort bien que ce ne fût que le faisceau de leurs lampes qui aurait été vu, même à quatre heures du matin. La caverne n'est pas un endroit fréquentable pour bien des motifs, notamment pour des raisons de sécurité. Les risques d'éboulement ne sont pas à prendre à la légère. D'ailleurs est-ce que vous connaissez quelqu'un qui soit allé récemment se promener à l'intérieur ? »
Personne ne répondit à sa question.
« Elle contient bien des mystères et personne n'a pu en mesurer sa profondeur, principalement à cause des risques d'effondrement », finit-il par dire avant de tremper ses lèvres dans son verre de whisky.
« À la vôtre ! »
Il sirota une gorgée avant de reposer son verre sur le comptoir. Les autres levèrent plus longtemps le coude.

Les critiques : Démence
14/05/2008 09:57 par histoires-fantastiques
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Les critiques : Démence
14/05/2008 09:57 par histoires-fantastiques
Catherine Robert (http://nouvelles.forumactif.com/)
Mardi 13 mai 2008 12:07
J'ai bien aimé. Une bonne histoire même si je me doutais de la fin, ce qui ne m'a d'ailleurs pas dérangée. Je note une amélioration dans la conjugaison même s'il reste encore pas mal de faute pour tout ce qui des verbes en terminaison "er", "é" ou "ait".
Dagobert (http://nouvelles.forumactif.com/)
Mercredi 14 mai 2008 9:37
Salut Lestat
J'ai bien aimé ta nouvelle, tu as un style fluide et la construction crescendo de ton récit est intéressante. Le basculement entre chasseur et proie s'opére très bien. Par contre, quelques redondances dans les termes et expressions alourdissent le texte. J'ai l'impression que tu te regardes écrire et tu en fais presque trop, ça manque de finesse parfois. Quelques termes sont très mal choisis et certaines métaphores sont étranges (glacière inondée de restes humains est un exemple....) Je pense que tu as assez de vocabulaire pour faire un texte qui suggére plus et qui , du coup, est plus angoissant. Ah aussi, dernière petite critique : Le titre, même si c'est un terme fort reste peu original ne sert pas ta nouvelle.
Strange (http://nouvelles.forumactif.com/)
Mercredi 14 mai 2008 12:36
Je trouve que l'ambiance est bonne, le personnage est assez bien défini, pour ce qui est des fautes de conjugaison... je ne les ai pas vu... ( plus nul que moi tu meurs -_-' ) Ah et puis en ce qui concerne la fin j'adore. Hihi il c'est bien fait avoir. Bon texte en somme. 
TiCi (http://nouvelles.forumactif.com/)
Mardi 20 mai 2008 15:20
Salut Lestat,
C'est la première de tes nouvelles que je lis. Je n'ai pas trop apprécié. Elle m'a même dérangé par sa complaisance gratuite. L'idée de l'histoire est bonne. Mais en 4 page, elle reste superficielle et se perd quelque peu dans le glauque. Pour l'originalité, c'est toujours difficile d'inover, c'est sûr. C'est pour ça que souvent, ça vaut le coup d'approfondir le sujet. Comme exemple, la première référence qui me vient est un épisode de Master of Horror, où une auto-stopeuse se retrouve prise dans une compétition entre deux tueurs en série. L'orthographe peut être améliorée. Ca a été dit et je ne m'étend pas là-dessus. Surtout, ne laisse pas trainer les fautes que l'on te signale. Pour deux raisons : ça n'encourage pas à continuer à te les signaler, et ça donne une mauvaise image de tes écrits.
En tout cas, bon courage pour la suite !
maerlyn (http://nouvelles.forumactif.com/)
Mardi 03 juin 2008 15:55
Tiens une histoire qui m'a l'air très inspirée de serial killers réels, à croire que tu as lu les même bouquins que moi sur le boucher de Hanovre, Jeffrey Dahmer et autres détraqués. Bon l'histoire en elle même, ça va, ça se laisse lire, même s'il n'y a vraiment aucune surprise. Ton style est en effet parfois assez lourd, on dirait que tu cherches souvent "le bon mot" et du coup ton texte y perd en fluidité et lâche un peu le lecteur.
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Je me présente...
12/05/2008 23:57 par histoires-fantastiques
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Les critiques : Une nuit sur la terre
11/05/2008 11:36 par histoires-fantastiques
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Les critiques : Une nuit sur la terre
11/05/2008 11:36 par histoires-fantastiques
Catherine Robert (http://nouvelles.forumactif.com/)
Mer 9 Avr 2008 - 23:32
J'ai bien aimé malgré les fautes de conjugaison qui rendent parfois la lecture un peu délicate
.
La fin ne m'a pas vraiment surprise mais elle est bien tournée.
Pour moi, c'est celui que je préfère (pour l'instant) dans tes textes.
Strange (http://nouvelles.forumactif.com/)
Lun 14 Avr 2008 - 12:36
La fin m'a surprise, je m'attendais pas à ca.
La longueur du texte peut nous décourager mais en fait, une fois qu'on est dedans on y est. En tout cas moi c'est le cas.
J'ai grandement apprecié.
TAK (http://nouvelles.forumactif.com/)
Mer 23 Avr 2008 - 5:11
Pas mal du tout!
Jusqu'à la fin, je me disais "petite histoire de zombie pas très originale, mais rigolote et bien tournée" et la conclusion m'a conforté dans mon opinion. Pas revolutionnaire pour un sou, mais assez bien menée pour qu'on puisse y prendre plaisir.
Au chapitre des points negatifs : bien sûr, l'orthographe, qui semble ne pas etre ta tasse de thé lol mais au-dela des fautes, il y a cette impression bizarre que tu as bcp d'idées, du vocabulaire et un certain talent pour les mots (notamment des descriptions assez reussies), mais contrebalancée par le fait que certaines phrases sont d'un simplisme linguistique flagrant et peu dignes du reste. Peut-etre est-ce une volonté de ne pas te repeter dans tes termes ou tes expressions - intention louable à la base - mais cela entraine que certaines tournures dénotent carrement avec le reste....
Exemple : "La forme ne lui répondit pas mais commença à venir vers lui à la vitesse d'un escargot"
"Il s'avança vers ses amis qui écarquillaient les yeux dans sa direction"
Je sais pas, ce genre de tournures me genent bcp (on est parfois à la limite du non-sens) et font un peu tache au milieu du reste.
Et puis melanger langage soutenu et registre familier ne me derange pas en general mais tu utilises souvent le terme "zieuter" qui passe très bien en phase de dialogue, mais qui est complètement innaproprié dans des passages narratifs.
Voilà voilà pour les points negatifs !
Mais je pense neanmoins qu'avec la pratique, tu arriveras à te debarasser de ces petits defauts. Le plus gros à bosser pour l'instant, selon moi, c'est l'orthographe et la conjugaison. Il faut que tu fasses un gros effort de ce coté-là, pcq meme avec un texte de qualité (comme c'est le cas ici), ça peut fortement nuire au plaisir de lecture...
Ceci dit, pour ne pas rester sur cette note négative, je repete encore une fois que j'ai bien apprecié cette histoire et que sans etre bigrement novatrice, elle se laisse lire avec plaisir et je me suis delecté de toutes ces references cinematographiques
(Tom Savini, Romero, la phrase culte de Zombie : ça se voit que tu es un fan et que tu connais ton sujet lol).
Donc voilà, y'a encore du boulot sur la forme, mais le fond lui, est impec'
!
Max (http://nouvelles.forumactif.com/)
Mer 7 Mai 2008 - 20:28
ha mais je l'ai lu cette nouvelle, et j'ai oublié de poser une critique !
Je vais réparer mon erreur.
Ce qui me "dérange" avec cette histoire, avec le recul, c'est qu'on a encore à faire à une histoire qui ne vaut que pour la surprise de sa fin, je caricature un peu méchament, mais c'est bien ça au fond, ce qui fait le sel de ce récit.
Du coup je trouve que c'est trop long, le déroulement de l'histoire étant déja entaché par les nombreuses fautes dont certaines sont grossières.
Mais comme dit Tak on suit quand même avec plaisir le fil de cette histoire "rigolote" et les questionnements du personnages principal (qui deviennent pourtant répétitifs au bout d'un moment).
En fait je pense que si tu avais raccourci un peu ta nouvelle, la qualité de l'ensemble n'en aurait été que plus grande. Et on atteindrait plus vite le comique (pourtant tragique^^) de situation final.
Je fais cette critique de mémoire, alors que ca fait plusieurs jours que j'ai lu ton histoire, voila les points négatifs que j'ai retenu 
Rhaîv (http://nouvelles.forumactif.com/)
Vendredi 4 juillet - 13:46
Tu sais ménager d'excellents effets de suspense et éveiller vraiment la curiosité du lecteur. Le thème à beau être classique, certains détails passés sous silence donnent envie de continuer jusqu'au bout.
Ton histoire est par moments admirablement angoissante :
notemment lors de l'apparition du premier zombi (ca rapelle remarquablement [rec.]!!!).
Toutefois, quelques éléments m'ont gêné:
-par pitié, relis-toi, et fais gaffe aux conjugaisons et participes passés! Il y a également quelques problèmes de syntaxe, moins dérangeants.
-tu devrais creuser la psychologie de ton héros. Ce qu'il ressent face à l'invasion de zombis me semble assez incohérent. Disons qu'il n'a pas assez peur. On peut s'imaginer qu'il soit particulièrement courageux, mais en ce cas, explique pourquoi (par exemple, le fait d'avoir maté un film d'horreur juste avant l'a en quelque sorte " rôdé").
-enfin, comme je te disais, la première apparition de zombi est bien angoissante (à l'instar des bruits qu'entend le héros à l'étage, etc) ; mais dés que la lumière s'allulme...
Aïe! On dirait que tu nous présente un clown! J'ai un peu déccroché sur le moment : la description en évoquant un plat de pâtes, notemment, donne à ton monstre un air limite burleque. Je crois qu'il faudrait moins détailler. Sinon, l'angoisse s'en va.
Mais encore une fois, félicitations pour l'angoisse que génère, à plusieurs reprises, ton texte !!!!
Dagobert (http://nouvelles.forumactif.com/)
Vendredi 4 juillet - 14:31
J'ai bien aimé cette nouvelle là, et pour l'instant, c'est ma préférée de tout ce que tu as pu écrire.
Même si je trouve que tu as un style lourdingue (trop expliqué, pas assez lyrique ou évocateur) et des tournures de phrases d'une puerilité qui me laisse pantois et qui, je trouve, déséquilibre le texte et gêne grandement ma lecture. Toutefois, la fin est originale et très marrante (les avis des consommateurs sont hilarants).
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Les critiques : Amour immuable
11/05/2008 11:30 par histoires-fantastiques
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Les critiques : Amour immuable
11/05/2008 11:30 par histoires-fantastiques
Catherine Robert (http://nouvelles.forumactif.com/)
Mar 8 Avr 2008
C'est pas mal mais peut-être un peu embrouillé, même si je pense avoir compris l'histoire. Je trouve qu'il est mieux que le premier. Il y a de la recherche dans le vocabulaire, peut-être pas toujours utilisé à bon escient mais c'est bien d'essayer.
Strange (http://nouvelles.forumactif.com/)
Mer 9 Avr 2008
Alors j'ai trouvé ton histoire intérésante. En ce qui concerne la conjugaison, je pourrais même pas te dire ils sont où les problèmes car moi aussi je suis nul.
Donc voilà mon avis ( pas très constructif).
TAK (http://nouvelles.forumactif.com/)
Jeu 10 Avr 2008
J'ai bien apprecié ton histoire, Lestat. Effectivement, y'a de la recherche dans le vocabulaire et des belles tournures de phrases, c'est très élégamment écrit, je trouve. L'histoire en soi est très sympathique, avec une touche de romantisme noir assez réussie, je trouve (et j'ai bien aimé ce personnage complètement perdu qui n'est pas ce qu'il croyait etre). C'est plutot bien trouvé. Je reviens sur la narration de bonne qualité, car dans la precédente nouvelle que j'avais lu de toi, tu avais bcp de problemes avec les dialogues (ici complètement absents)...à l'avenir, si tu pouvais melanger les deux de façon fluide et homogène, je pense que tu pourrais bien t'en tirer. Pour le reste, c'est toi qui gères. En tous cas j'ai bien aimé ce petit texte, je le repete.
maerlyn (http://nouvelles.forumactif.com/)
Ven 11 Avr 2008
Le perso et l'histoire ne sont pas inintéressants mais ton style très recherché devient parfois trop lourd, voir peu naturel, et embrouillé.
Paracelse (http://nouvelles.forumactif.com/)
Ven 11 Avr 2008
Je rejoins Marylou dans ce constat. Personnellement, j'aimerais bien savoir écrire aussi bien que toi, mais il n'y a aucune alternance entre phrases simples (quasiment inexistantes) et phrases alambiquées. Tu devrais déjà réduire l'utilisation d'adjectifs, tu en fais souvent un peu trop. En général, il est conseillé, à quelques exceptions prêts, de faire des phrases longues pour les descriptions et l'explicatif et des phrases courtes pour la narration, l'action (les tiennes sont souvent aussi longues dans les deux cas). L'alternance dans le rythme est très importante. Sinon à part cela, tu maitrises assez bien la création d'une atmosphère, d'une ambiance qui dépend de l'écriture et non pas de l'histoire, donc c'est de l'art (au risque de me répéter).
DarkHalf (http://nouvelles.forumactif.com/)
Ven 11 Avr 2008
Bon moi j'ai pas trop accroché à ton histoire... Je trouve le début trop confus, j'ai eut du mal à saisir ce qui se passait. Et au début, pour moi l'histoire se déroulait, dans un château où un truc dans le genre, tu devrais peut être placer les lieux dès le début, pour que le lecteur s'y retrouve. Enfin sinon c'est bien écrit, J'ai pas trouvé tes Phrases lourdes.
Max (http://nouvelles.forumactif.com/)
Sam 12 Avr 2008
J'ai également trouvé ton style parfois un peu trop "ampoulé" ... Des fois on sent trop ton envie d'écrire d'une manière recherchée et jolie, ca donne des adjectifs contestables et lourd ainsi que des tournures peu fluides. Dernier reproche, celle-ci m'a parue au bout d'un moment un peu redondante, tu semblais répéter certaines choses mais de manière différente (tous les passages ou il contemple le corps de sa bien aimée).
Mais en tout cas grâce à ça tu a réussis a créer une véritable atmosphère, pleine de noirceur, de maturité et de folie. Sur ce point c'est du très bon travail ! C'est peut être le meilleur atout de ton texte. Les autres sont surement l'originalité de l'histoire et le coté psychologique du personnage, plutôt bien développé et intéressant.
Rhaîv (http://nouvelles.forumactif.com/)
Sam 3 Mai 2008
Mouaf... C'est malheureusement assez confus. Surtout la fin... Attendons de voir la troisième nouvelle!
Negatum (Commentaire sur Vip-blog.com)
19/05/2008
Bien, je pense que je ne vais faire que répéter ce qui a déjà été dit, mais bon... Globalement c'est pas mal, mais j'ai trouvé certains trucs maladroits -Ensuite, (mais bon, je m'y connais pas trop en épouvante, donc je peux pas juger) le fond et l'histoire ne m'ont pas paru particuliérement originaux. Le vampire qui lutte contre sa nature et qui finit par tuer sa bien-aimé, m'ouarf, rien de nouveau sous le soleil, si j'ose dire. J'avais flairé la fin à l'avance, et tu n'innove pas non plus au niveau de la psychologie du personnage, genre ma vie est dure, tout ça... -Au niveau du style, t'es trés ampoulé. Ca nuit à la musicalité du texte, et j'avoue que des fois, on a le sentiment que du fais de l'emphase, du "pour faire genre". C'est assez désagréable. Simplifie ton écriture avant tout, et après, complexifie-là. -Enfin, j'ai remarqu que tu avais du mal à faire durer ton texte sans te repeter. Trés vite revient la contemplation de la fille, les longues tirades sur le destin du vamp', et en fait, durant le texte (pourtant court), il n'y a queasi aucune évolution entre la découverte du cadavre et l'arrivée du groom. Ca peut vite tourner à l'ennui, malheureusement. A part ça, pour un constat général, c'est... ben, que dire? C'est pas mal, sinon, y a un début d'ambiance, et on voit que t'as une certaine culture littéraire sur ce genre particulier, mais la répétition et l'ampoulage allourdisse l'histoire, qui n'est pas génial par ailleurs. Bonne chance pour la suite :)
THIETMAR03 (http://nouvelles.forumactif.com/)
Sam 20 décembre 2008
j'ai beaucoup aimé on est prit dans l'ambiance
j'ai juste eu du mal a rentrer dans l'histoire jusqu'à la ligne 4
"les rayons solaires" ça ma perturbé^^
ANOUCHKA :
(http://nousvelles.com)
Dim 11 Jan 2009
Mystères et horreur, les amateurs du genre seront satisfaits ... L'écriture est imagée à souhait ! J'en frissonne encore !
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Les critiques : Ménagère de moins de 50 ans
11/05/2008 11:24 par histoires-fantastiques
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Les critiques : Ménagère de moins de 50 ans
11/05/2008 11:24 par histoires-fantastiques
Catherine Robert (http://nouvelles.forumactif.com/)
Mar 4 Mar 2008 - 23:57
Donc je l'ai lu. C'est monotone et plat (je fais pas mieux au niveau de la force dans un texte). Ca devrait être retravaillé et puis il y a beaucoup de fautes d'orthographe.
viniwow (http://nouvelles.forumactif.com/)
Mer 5 Mar 2008 - 1:51
Ca y'est j'ai lu.
Bon effectivement c'est à retravailler mais le forum est là pour ça. Il y a plusieurs choses qui m'ont gênées, d'abord tes personnages ne sont pas crédibles, leurs comportements ou leurs réactions manquent de nuances, ils ne sont pas "vrais", on n'arrive pas à s'identifier. Travaille tes dialogues ce sont eux en grande partie qui vont faire que tes personnages seront en carton pâte ou en chair et en os.
Aussi evite d'expliquer les choses, c'est valable pour les personnages mais aussi pour les situations, utilise des moyens détournés pour planter le décor comme par exemple des détails insignifiants qui font vivre un personnage, ou encore des dialogues ou des images brèves. Prendre un paragraphe complet pour décrire une situation ou un personnage alourdit le texte. Distille les informations discrètement et balance pas tout d'un coup. Stephen King disait je sais plus trop où qu'il ne fallait jamais prendre le lecteur par la main.
Sinon au niveau de l'histoire en elle même je l'ai trouvée un peu invraisemblable, mais ça vient en partie de tes personnages et ça rejoint donc ce que j'ai dit plus haut.
Autre chose qui est dommage, on sent venir la chute, tu ne la camoufles pas assez, on a très vite cerné vers la fin qu'il y avait un lien entre le suicide du voisin et la femme qui adopte un comportement louche. Ce qui fait qu'au final on est pas surpris d'apprendre qu'elle en est responsable. Ca se joue à un ou deux paragraphes près, mais ça plombe la chute.
Il y a aussi pas mal de fautes d'orthographe...
Voilà pour mon avis. Essaie de relire ton texte et de voir ce qui ne va pas, et ensuite hop au boulot !
Au plaisir de te lire à nouveau.
TAK (http://nouvelles.forumactif.com/)
Mer 5 Mar 2008 - 17:08
Sinon je viens de lire ton histoire Lestat et oui, je rejoins à peu près l'avis des autres : bcp de fautes d'orthographe, des persos pas vraiment credibles et ceci allant avec, une histoire qui au final ne tient pas vraiment debout. Il y a aussi bcp de fautes de ponctuation, de structures dans les phrases.
Lors d'une scènhe de dialogue, on finit pas une phrase pour commencer la suivante par "Dit-il" : tout cela va ensemble, d'un bloc. De meme que quand tu melanges passages parlés et narration, fais-le de manière claire et lisible, sinon on ne comprends rien.
Exemple :
- Tu sais, lui dit sa femme, c'est peut être mieux comme ça...il s'en est aller retrouver sa petite famille, Christiane se détourne de lui et recentre sa vigilance sur la serie nord-américaine.
Après "famille", tu mets un point et à la ligne. sinon, en s'attend à la suite de la phrase, alors que tu repasses ensuite en mode narratif. Sans ces reperes, on se perd très facilement dans un texte.
Sinon, il y a bcp de fautes d'orthographe ou de conugaison, mais je pense que qques relectures attentives pourraient t'aider. Pour le reste, ça se travaille et je pense vraiment qu'avec un peu de boulot et de perseverance, tu pourras t'ameliorer et faire qqchose de bon
Pour les personnages, je ne sais pas trop quel est le meilleur moyen pour les rendre vivants et credibles, mais effectivement, de bons dialogues jouent forcement. Ca aussi, c'est à bosser.
Voilà, donc j'ai pas vraiment accroché à ton histoire non plus, tu as bcp de choses à ameliorer dans ton ecriture, mais je te conseilles de continuer à t'exercer : c'est la seule methode pour avancer!
Paracelse (http://nouvelles.forumactif.com/)
Mar 11 Mar 2008 - 13:23
Lu. Tout a été dit plus haut, beaucoup de fautes, etc.
Pour nuancer les personnages, comme le dit viniwow, il faut aller dans les détails. Les gestes anodins, décrire des mimiques et aussi inventer une pathologie = genre, ta rombière est un peu maniaque, elle fait le ménage de façon excessive, elle aime que tout soit bien ranger et gueule après son mari, car lui fout tout le temps le bordel, etc., mais pas en faire trop.
Par contre, je te félicite pour la fluidité de tes phrases (clair, précis, simple) et tu as une bonne narration.
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Démence
11/05/2008 00:31 par histoires-fantastiques
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Démence
11/05/2008 00:31 par histoires-fantastiques
Par Eric Fesquet
La nuit, glaciale et mystérieuse semblait ne jamais prendre fin. L'homme avançait d'un pas déterminé, comme s'il connaissait sa destination. La connaissait-il ? Peut-être... il n'en était pas sûr. Il avait encore dans la bouche, le goût du sang. Saveur jouissive au plus haut point, qui l'obligeait à se masturber en toute occasion, pour faire taire ses pulsions maladives et son désir de récidive, plus puissant qu'une drogue dure. La route, déserte et incroyablement silencieuse, lui était familière. Il avait oeuvré bien des fois en ces contrées abandonnées du nord de l'Allemagne. La voiture qu'il conduisait l'avait lâché quelques kilomètres en amont. Il n'en avait que faire, il allait gagner la prochaine ville, pour se noyer dans la masse, comme le voulait son rituel immuable. Les supplications exaspérantes de la bonne femme lui emplissaient encore la tête, il n'aimait pas les écouter proférer des paroles. Il désirait seulement les entendre hurler. Quelle délectation ! Ces cris, presque inhumains, qui perçaient la nuit et se perdaient dans le vide sans atteindre un quelconque messie téméraire. La dernière avait été trop bavarde, il avait écourté la séance, n'en pouvant plus de l'entendre jacasser, telle une commère de village. Il lui avait ordonné de fermer sa « grande gueule ». Allongée sur la terre, elle lui avait même proposé une fellation en échange de sa vie. Il avait éclaté de rire. Dépouillée de ses frusques, la chienne apeurée s'était approchée de lui à genoux, le touchant de ses mains écoeurantes, suintantes de sueur engendrée par la terreur. Effaré, il l'avait repoussé d'une main gantée et l'avait maintenu au sol. Elle était tellement vulnérable qu'il n'avait eu aucun mal à extirper son poinçon de sa poche arrière avec sa main libre. Jusqu'au dernier instant elle l'avait supplié, habitée d'un espoir tenace qui avait fini par s'ébranler pour se transformer en une vérité fataliste et terrifiante, une certitude irréversible que son existence avait croisé un monstre sanguinaire qui s'apprêtait à mettre un terme à ses espérances futures, bercées de désirs maternels et d'unions sempiternelles. Sentant le dénouement approcher, elle l'avait alors inondé de termes haineux tel que : détraqué, malade ou encore aliéné, avant que la tige de métal n'ait perforé sa gorge à la peau blafarde, parsemée de grains de beauté proéminents. Une française. Que le monde était petit. Sur ce coup-là, la chance n'avait pas été de son côté. Il avait fait un bout de chemin en sa compagnie depuis Hambourg. La jeune femme avait été ravie de pouvoir discuter avec un compatriote. Imperturbable, il l'avait laissé débiter ses mondanités abjectes, hochant quelquefois la tête d'approbation quand celle-ci le dévisageait. Le bavardage s'était propagé une bonne heure avant qu'il ne demande à sa conductrice de s'arrêter pour aller pisser. La tentation avait été trop grande. Il y avait cédé, malgré la langue exaspérante de la demoiselle. Il n'aimait pas les femmes de son pays. Après lui avoir troué la gorge, il avait plaqué sa bouche sur l'orifice pour recueillir l'hémoglobine torride et consistante. Elle n'avait rien dit, résignée, elle l'avait laissé faire. Il s'était délecté de cette substance, qui avait éveillé en lui de sombres desseins de luxure effrénée, puis il avait laissé la jeune femme se vider de son sang tout en se caressant les parties génitales au-dessus d'elle. Après que la semence stérile eut humecté le sol et l'ingénue dépéri, il avait creusé la sépulture. Entre temps la jeune femme était morte, silencieusement. Il avait alors poussé la défunte dénudée au fond du trou et lui avait balancé ses vêtements souillés à la figure, sans aucune esquisse de dignité. Le cadavre traînait maintenant quelque part, enfoui sous la terre, en bordure d'une départementale... avec les autres. En huit ans de désordre cérébral, elles furent légion à s'être méprises sur cette caricature du jeune homme bien sous tout rapport. Patient, il préméditait ses crimes avec un sang-froid indéniable, jugeant les lieux, les victimes et bien d'autres choses encore. Une fois sa concupiscence accomplie, il avait pris place dans le véhicule de la bonne femme et avait parcouru une cinquantaine de kilomètres avant de tomber en panne d'essence. Voilà une chose qu'il avait omis de vérifier avant de se jeter sur la française, mais ses erreurs lui permettaient de mieux appréhender ses prochaines sorties noctambules. Il avait abandonné la BMW à la lisière d'un champ et avait poursuivi à pied. C'était invariablement de cette manière qu'il débusquait ses proies, en pratiquant l'auto-stop.
La lune apparut dans son dos, au sommet d'une colline, déversant son rayonnement sur le bitume et ses alentours dépourvus d'arbres. Il y voyait maintenant à perte de vue. Au petit jour, quelqu'un s'arrêterait bien pour le prendre... comme à chaque fois. Il marchait plus lentement, l'excitation exaltante ressentie il y a quelques heures semblait vouloir s'apaiser, pour au moins quelques temps. Ses mains tremblaient encore sous l'effet de l'effervescence sexuelle, certes partiellement assouvie. La petite française lui avait laissé un léger goût d'insatisfaction. La prochaine il la torturerait pendant des heures, jusqu'à ce qu'elle n'est plus rien d'un être humain, comme la première : Une jeune allemande aux yeux bleus, qui l'avait gentiment pris en stop près de la frontière Franco-Allemande, huit ans auparavant. Son premier meurtre avait été on ne peut plus impulsif. Après plus d'une demi-heure de convoitise intenable, hantées par des visions d'absorptions démesurées, il s'était jeté sur elle au milieu de nulle part, lui balançant sa jolie petite tête blonde contre la vitre de la portière. Son nez avait éclaté, éclaboussant l'habitacle nickel-chrome de la petite citadine rouge vif. Sous le choc, la conductrice avait laissé sa voiture divaguer sur le bas-côté. Dehors il faisait à peine nuit, mais aucun véhicule ne se trouvait à proximité. Une fois l'auto arrêter, il l'avait sorti de là et tabassé comme un sauvage incontrôlable. La pauvre fille l'avait imploré, mais ses supplications insaisissables ne l'avaient point ému. Elle était restée au sol, inconsciente. Son sang paraissait s'écouler de toutes les parcelles de son corps. Après l'avoir entouré dans une couverture, il l'avait placé dans le coffre de la voiture pour la ramenée chez lui et assouvir ses envies morbides. Elle était restée comateuse tout du long, ignorant pour l'éternité, les sévices que son kidnappeur lui avait fait subir. Il n'avait plus jamais ressenti un plaisir aussi intense, le corps de la jeune fille avait été littéralement massacré, pressé comme une éponge pour en récolter le moindre fluide, si savoureux à son goût. Après qu'il en eut fini avec elle, il aurait été incapable de différencier sa tête de ses pieds si on lui avait demandé de faire une chose aussi absurde. La baignoire remplie de sang, il s'était étendu là, écoutant du Mozart et glorifiant la sainte hémoglobine avec laquelle il s'enivrait. L'effervescence retombée, il s'était retrouvé devant un amoncellement de débris sanguinolents. Affolé, il avait tout d'abord voulu les balancer dans la benne à ordure, mais quelque chose lui suggéra de ne pas le faire. Finalement, les fragments de chairs s'étaient retrouvés dans le congélateur pour être dispersés par la suite, dans tous les coins de France. Principalement par le train.
Sept jours après le meurtre, il s'était retrouvé dans un wagon qui faisait le trajet Paris-Strasbourg. Heureusement pour lui, celui-ci n'avait pas été bondé de passagers... Les derniers morceaux de barbaque avaient commencé à devenir nauséabond au fond de son sac à dos. Décongelés depuis quelques jours, ils les avaient bêtement oublié dans un coin du garage où ils s'étaient mis à pourrir, attirant tout les insectes nécrophages du quartier. L'hésitation fut longue avant d'embarquer dans la rame. La veille, il avait précautionneusement enroulé les chairs putréfiées dans une dizaine de sacs plastiques, mais cette odeur si particulière avait eu le pouvoir d'en transpercer l'épaisseur. Dans le train, il avait bien cru que son voisin de cabine allait s'en apercevoir, mais grâce au ciel, celui-ci était enrhumé et n'avait pas ressenti les effluves immondes des lambeaux putrides. Ses risques inconsidérés auraient pu lui coûter cher. Il avait quand même réussi à les enterrés en pleine campagne, dans un endroit isolé. Se remémorant ce temps là, un sourire finissait toujours par percer sur son visage. Quel jeune écervelé, pensait-il. De toute évidence il avait perdu les pédales lors de sa toute première barbarie. Depuis, son mode opératoire avait bien changé. Il ne désossait plus ses victimes, comme ses dégénérescences mentales l'incitaient à le faire à l'origine. Il s'abreuvait directement sur place. Subséquemment, il laissait le cadavre sur les lieux du crime où il l'enterrait scrupuleusement. Jusqu'à preuve du contraire, aucunes de ses sauvageries nocturnes n'avaient été découvertes. Depuis, ses échappées sanguinaires s'étaient muées en éternel recommencement, en quête d'une nouvelle apothéose sexuelle qui semblait se dérober sans cesse. Après chacune de ses atrocités, il se terrait chez lui au moins quelques semaines, pour laisser à la nature le temps d'oublier l'obscénité accomplie sous ses yeux. Il aimait l'Allemagne et la langue hitlérienne qui s'échappait de la bouche de ces femmes, effrayées par sa folie furieuse. Son ignorance du langage d'outre-Rhin ne le desservait pas, bien au contraire. Elle coupait court à toutes sortes d'inconvénients engendrés par des interrogations pas toujours circonspectes. Il n'aimait pas se déverser en parole, se livrer à quelques individus, surtout si ceux-ci voyaient en sa retenue et son regard fuyant, une grande timidité. Il haïssait cette sensation d'être pris pour quelqu'un de faible, limite impressionnable. La France était son pied-à-terre, son pays de naissance, mais l'envie de la quittée le démangeait, attiré qu'il était par ces créatures qui venaient le hantées jusque dans son sommeil : « ich liebe dich... ich liebe dich », murmuraient-elles à ses oreilles. Il se réveillait à chaque fois transpirant et le sexe raidi de désir.
Traînant les pieds, il parvint à une intersection. Le panneau, abreuvé de rayons lunaires, indiquait des destinations qui lui étaient inconnues : Wastercher, Gabebourg, Düsserworf... Il le dépassa de son pas devenu lourd et pris la direction qui lui sembla la plus appropriée pour clôturer son escapade meurtrière. Son long manteau le préservait de cette nuit froide et imprégnée d'humidité malsaine. Dans sa veste, le poinçon venait caresser sa cuisse à chacun de ses mouvements, comme pour rappeler à son maître, que celui-ci était un assassin cruel, sans considération pour la vie humaine. Il n'avait plus vu âmes qui vivent depuis qu'il avait rencontré la demoiselle quelques heures auparavant, à croire que cet endroit était un lieu maudit où il ne faisait pas bon vivre. Il se dit que c'était sans doute le cas après tout, que ce n'était pas pour rien qu'il traînait souvent dans le coin. Une terre de pestiférés où ceux qui osent s'y aventurer n' en reviennent jamais... ou alors les pieds devant. Cette pensée le fit sourire. Ses guibolles commençaient à le faire souffrir. Il aurait pu s'attarder ici, à guetter le levé du jour et attendre que quelques individus se pointent, il n'aurait eu qu'à tendre son pouce, mais s'éloigner le plus loin possible de son oeuvre macabre lui paru la meilleure chose à faire. Avec ce qu'il avait accompli au cours de la dernière décennie, il pouvait croupir à vie dans un établissement psychiatrique, avec d'autres cinglés de son espèce ou pire encore.
La route était linéaire et sans limite. Il devait être passé trois heures. Les feux d'un véhicule arrosèrent brusquement les kilomètres de bitume qui s'étendaient devant lui à perte de vue. La prudence était de rigueur. La tentation fut grande de continuer à marcher sans se retourner sur l'automobiliste imprudent, mais il était exténué par toutes ces heures de marches et rêvait d'un hôtel où il pourrait se reposer à loisir toute la journée. Il se retourna donc et allongea son bras en relevant son pouce. Aveuglé par les phares, il perçut le ronronnement du moteur, faible et inégal. Il dut plisser les yeux pour apercevoir l'engin. L'automobile était une Mercedes qui roulait à faible allure, pas plus de 50 km/h et le chauffeur semblait l'avoir remarqué. Sans s'en rendre compte, sa main glissa dans sa poche et saisit son arme, près à se jeter sur un danger potentiel. Le véhicule stoppa son effort dans un bruit de vieilles plaquettes de freins usées jusqu'à la corde. La fenêtre électrique s'ouvrit et le conducteur lui adressa la parole de derrière son volant. Il fut rassuré de voir qu'il ne s'agissait pas d'un type en uniforme, mais un homme d'à peu près son âge, entre 35 et 40 ans avec une casquette visée sur le crâne. Celui-ci lui causa en allemand bien évidemment. Il lui fit comprendre qu'il était français et qu'il désirait se rendre à Berlin. L'homme lui fit mine de monter en baragouinant quelques mots totalement incompréhensible pour lui, l'ignare du dialecte. Il grimpa à ses côtés, satisfait de pouvoir s'asseoir à nouveau et de profiter de la chaleur agréable de l'habitacle pour se requinquer. L'allemand le toisa du coin de l'oeil et lui tendit une main, il s'en saisit en essayant de paraître le plus amical possible. La radio diffusait un morceau de rock allemand, irritant pour les oreilles. La voiture se mit en branle et reprit la ligne droite. Les premières minutes le mirent mal à l'aise, l'allemand ne parlait pas et le regardait parfois d'un air étrange. Se pourrait-il que quelque chose ait pu lui mettre la puce à l'oreille ? Impossible. Il se détendit un peu au fil des kilomètres que le véhicule avalait. De l'intérieur de la voiture se dégageait une odeur désagréable qu'il semblait connaître, mais impossible pour lui de mettre une étiquette sur ces effluves. La station radio diffusa ensuite un titre des Beatles : « Let it be ». Subitement le conducteur se mit à entonner frénétiquement le morceau dans un accent horrible tout en l'observant avec une expression enjouée sur le visage. Une envie de meurtre le traversa, mais il se ressaisit vivement. Il avait perpétré assez de mauvaises choses cette nuit, il allait devoir faire avec et supporter cet énergumène jusqu'à la prochaine ville. Par le passé, il lui était déjà arrivé d'assassiner des hommes, mais uniquement pour le profit. Le vieux tube du groupe anglais fut interrompu par un flash d'information dont il ne comprit pas un traître mot. Brutalement, l'allemand coupa la voix féminine et se tourna vers lui pour articuler quelques mots. Ses yeux étaient injectés de sang et son haleine trahissait une consommation d'alcool excessive. L'homme était irritable et commença à hausser la voix sur lui. Agacé par le comportement pénible du gars, il essaya de lui faire comprendre avec une patience d'ange, qu'il ne comprenait pas l'Allemand. Il lui glissa également, dans un murmure, que s'il ne fermait pas sa gueule, il n'aurait bientôt plus l'occasion de la ramener. Mais ça, le conducteur ne le comprit pas. L'Allemand finit néanmoins par se calmer doucement pour recentrer son attention sur la route, qui devenait de plus en plus monotone.
Le choc qu'il reçu à la tempe, fut tellement soudain et puissant, qu'il ne sut que trop tard ce qui lui arriva. Il s'affala sur son siège. Les yeux dans le vague, il eut juste le temps d'apercevoir la voiture quittait tranquillement la route désertique pour terminer sa course au milieu d'un champ. Il reçu alors un nouveau coup à la tête, qui l'assomma pour de bon.
L'Allemand l'extirpa du véhicule chlinguant la charogne et le sexe et le traîna inconscient dans un lieu entouré d'herbes folles, dont la hauteur surprenante interdisait toutes observations furtives depuis la petite route de campagne. Lâchant sans ménagement les deux jambes inertes, l'homme ligota ensuite les poignets du français. Quand celui-ci immergea de son coma, il fut roué de coup et insulté dans la langue insaisissable. Encore amoindri et ne sachant pas où il était, le tueur de femme eut la vague impression, l'espace d'un instant, d'être dans un camp nazi au milieu de la seconde guerre mondiale. L'allemand ne lui laissa aucunes chances de recouvrer ses esprits, il se jeta sur lui avec frénésie et lui enserra le cou de ses mains puissantes. L'auto-stoppeur tenta de résister, mais l'homme était d'une puissance inouïe. Il suffoqua et ses mains finirent par lâcher son agresseur, retombant mollement sur le sol parsemé d'herbes sèches, son regard fixe perdu au-delà des étoiles. Il mourut sans jamais avoir rejoint son pays, s'en était fini de ses petites escapades meurtrières en terre étrangère. Quand le conducteur lui baissa le pantalon pour le pénétrer sauvagement, il était déjà mort...c'est ce qui pouvait lui arriver de mieux à ce stade. Après l'acte de nécrophilie exaltant, le type reboutonna son froc et le souffle court, extirpa une lame pour dépecer le cadavre et sectionner les parties génitales... Au loin, la radio diffusait toujours quelque part au-delà des hautes herbes, dans le coupé Mercedes abandonné provisoirement. Le flash d'information, écourté précédemment, défila cette fois-ci sans interruption. En français, la dame Berlinoise aurait annoncé à peu près ceci :
« ... ses victimes sont des hommes de race blanche, entre 20 et 40 ans, il a pour habitude de dépecer les corps et d'en conserver certaines parties pour s'en nourrir ultérieurement. Cet homme a été aperçu pour la dernière fois hier après-midi dans une station service près d'Hanovre. Il est âgé de 38 ans, mesure entre 1 mètre 70 et 1 mètre 75, il a les yeux marron clairs et porte une casquette rouge. Inculpé et condamné en 1999 pour actes de barbarie sur des cadavres dans un cimetière de la banlieue de Düsseldorf, on le soupçonne également de plusieurs meurtres sadiques, commis en Allemagne et en France entre 1990 et 2003, il serait peut-être celui que l'on a surnommé par le passé : l'anthropophage hivernal... »
Les premières lueurs du jour pointaient leur nez, égaillant cette nature, unique témoin des sauvageries humaines perpétrées cette nuit là. L'homme se releva, contemplant la beauté fugace du levé du jour. La sueur dégoulinait de son visage souillé de sang séché. Il détourna son regard et s'en alla rejoindre sa voiture avec sa glacière inondée de restes humains, laissant derrière lui, la fosse fraîchement recouverte, d'un auto-stoppeur malchanceux.
Bez et Esparon
Du 03 mai au 10 mai 2008
© ® Auteur : Eric Fesquet, texte déposé.

Une nuit sur la terre
10/05/2008 23:22 par histoires-fantastiques
La tête de l'individu se fendit comme une vulgaire bûche. La hache stoppa sa découpe au niveau du sternum puis le corps de l'électricien bascula en arrière. Son cerveau à découvert racla le mur en pierre qui s'était transformé pour l'occasion en râpe à viande pour chair de zombie décomposé. Seigneur venez à mon secours. De la brèche fraîchement segmentée, David distinguait le système nerveux central du macchabée, découpé à la manière des mannequins des cours de chirurgie neurologique. Le buste à l'air, le type arborait aussi une longue entaille fraîchement recousue sur la poitrine.
« Putain j'y crois pas ! Ce mec a été autopsié avant de se retrouver dans ma cave, » lâcha David à la limite de rendre son dîner.
Le reste de la dépouille paraissait intacte. Dans la main gauche du cadavre, David découvrit le trousseau de clés de la maison. Mais qu'est-ce qu'il foutait avec ça dans les mains ? Il se pencha pour le ramasser et le fourra dans la poche humide de son pantalon. Choqué, il alla ensuite s'asseoir quelques instants sur les marches de l'escalier et considéra, avec une totale stupéfaction, le zombie gisant au sol dans une marre de sang.
« Mais que ce passe-t-il ici nom de Dieu ! » proféra-t-il en plongeant son visage entre ses mains sanglantes.
Le téléphone se mit à brailler au rez-de-chaussée. Encore sonné, David ne réagit pas. Au bout de la cinquième sonnerie, le répondeur prit la relève et une voix masculine se fit entendre dans le salon :
« David c'est papa... nous rentrons seulement, on s'est bien marrés. Ta mère a un peu trop picolé comme d'habitude, elle ressemble à un zombie. Et toi ça va ? Tu t'éclates bien j'espère ? On t'embrasse bien fort, passe une bonne nuit et... oups j'oubliais, ta mère m'a dit de te dire d'essayer de maintenir la maison propre durant notre absence... en somme, n'abuses pas trop quoi... allez fiston, à demain. »
David songea à ses amis. Ceux-ci devaient probablement se planquer quelque part à l'étage. À moins qu'ils ne soient déjà morts et que ces monstres dévorent goulûment leurs cadavres. Il se releva brusquement et se dirigea vers le zombie pour en extirper la hache, encore profondément enfoncée à l'intérieur de la créature.
Arrivé dans le couloir, David tendit l'oreille. Un silence de mort, songea-t-il. Il referma la porte de la cave derrière lui et s'empressa de jeter un coup d'oeil en direction de la cuisine tout au bout du corridor. La chose était toujours là, allongée sur le ventre avec le tournevis planté dans la tête. Fallait pas m'emmerder. David était dans un piteux état avec sa tenue trempée d'urine et de sang. Faut que tu te barres d'ici vite fait David ! Il n'y avait rien de plus vrai. S'approchant de l'entrée, il abaissa la poignée. La porte était fermée à clé. Ils sont plus intelligents que je pensais. En tremblant, il arracha le trousseau de clés de sa poche et déverrouilla l'obstacle qui le séparait de la liberté. Si ça se trouve, il y en a tout un peuple à l'extérieur. Avant de se précipiter vers l'inconnu, David examina la rue et ses environs. Au moment où il allait ouvrir la porte pour s'en aller, il remarqua quelque chose de suspect devant la maison d'Akerman. Celle-ci était plongée dans l'obscurité et quelqu'un - immobile et droit comme un piquet de clôture - jouait les épouvantails au milieu du potager de son voisin. L'individu - à moitié camouflé par les ombres inquiétantes des arbres - semblait regarder dans sa direction. La lueur des réverbères se reflétait dans ses yeux. Après quelques secondes d'observation, le bonhomme n'avait toujours pas bougé et paraissait attendre quelque chose.
« Enfoiré ! » lança David en donnant deux tours de clé.
Ils sont partout... si je sors c'est la mort assurée. Il pensa à ses parents. Est-ce que, du fin fond de leur chalet enneigé, des cadavres leur étaient apparus également ? Les morts-vivants étaient-ils sur le point d'envahir la planète ? Quand il n'y a plus de place en enfer les morts reviennent sur terre.
« Non ! Jamais je ne me laisserai bouffer la cervelle par une de ces choses ! » aboya-t-il en agitant sa hache dans tout les sens.
Regardant à nouveau dehors, David constata avec horreur que le personnage entr'aperçu quelques secondes auparavant n'était plus là. Les vitres étaient incassables, en tout cas c'était ce que lui avait affirmé son père, c'était lui-même qui les avait mis en place après que la maison eut été cambriolée l'année dernière.
« Aucune chance qu'un de ces monstres brise une fenêtre. »
Cependant, il n'en était pas totalement convaincu. Et Stéphanie ? Tu as pensé à Stéphanie espèce de lâche ?! Tu allais partir sans elle ! David redressa les épaules. Il fallait à tout prix qu'il retrouve ses amis et qu'ils se barrent tous ensemble loin d'ici. Pour aller où ? l'interrogea la petite voix, mais il n'y prêta pas attention. Sa hache en main, il commença à grimper les marches menant aux chambres. Au milieu de l'ascension, des chuchotements incompréhensibles vinrent perturber le silence. David appela alors Stéphanie. Il l'appela encore et finit par héler aussi les prénoms de ses copains, mais le calme resta imperturbable. Ils doivent être terrorisés et n'osent sans doute pas me répondre. Au bout de la montée, David s'arrêta et observa le couloir de l'étage qui ressemblait au tunnel de l'enfer. Tout au bout se trouvait sa chambre et sous la porte filtrait une lueur inquiétante, comme si quelqu'un avait allumé une bougie dans la pièce. Avec effroi, il imagina le corps inerte de Stéphanie, allongé sur le matelas et transformé en festin pour macchabée. Ceux-ci, au nombre de trois, se partageaient les organes, puisant inlassablement à l'intérieur de la cage thoracique de sa bien-aimée, le tout dans une ambiance relevée de grognements satisfaits et de bruits de mastication bestiale. L'un d'eux mordait à pleine bouche dans un boyau qui semblait être l'estomac. De l'organe perforé se déversaient les restes du repas qu'ils avaient consommé ensemble à Mac-Do avant de venir ici pour visionner un navet de série Z. Un autre, dénudait avec ses dents – à la manière d'un électricien ôtant la gaine d'un fil électrique - la peau des orteils maquillés de vernis à ongles en remuant violemment la tête dans tous les sens. Le troisième quant à lui, roulait un patin mémorable à sa petite copine. Survolté par le goût du sang, la créature finit par lui arracher la langue et se délecta goulûment avec.
Partagé entre l'envie de hurler de terreur et celle d'exploser de rage, David émergea de sa vision macabre et s'accrocha solidement à son arme. Seigneur, donnez-moi la force. Il se dirigea avec détermination vers la lumière. À mesure qu'il avançait dans le corridor étroit, des voix presque inaudibles commencèrent à lui parvenir. Une fois devant l'entrée, il lança furieusement un pied sur la porte en hurlant comme un sauvage. Celle-ci alla s'écraser contre le mur et il se retrouva face à ses trois amis. Ils étaient tous debout au fond de la pièce, une expression horrifiée sur le visage. Eclairée par quelques bougies positionnées au hasard, ils semblaient veiller un mort.
« Dieu soit loué, vous êtes vivants ! » clama David, un sourire sur les lèvres.
Stéphanie se détourna vivement de lui pour vomir dans un coin.
« Vous inquiétez pas, je suis là maintenant », continua-t-il, encore essoufflé par l'effort et la peur.
Il s'avança légèrement vers eux et la porte de chambre se referma brusquement dans son dos. Une autre de ces créatures se tenait là, aussi horrible que les précédentes. Ce zombie-là portait sur son crâne dégarni des impacts de balle et ses yeux étaient révulsés. Brusquement, d'une voix étouffée, le mort-vivant se mit à parler :
« Mes... mes frères ? » articula-t-il difficilement.
David faillit s'étrangler en avalant sa salive.
« Tes frères ?! Tu veux causer des deux tas de merde que j'ai pulvérisé en bas ? »
Sans aucune autre sorte de pitié, David leva sa hache, près à l'abaisser de toutes ses forces sur le zombie. Ce dernier fit mine de se jeter sur lui et poussa un cri bestial. Au moment où David abattit son arme, ses trois amis lui hurlèrent des choses totalement incompréhensibles. Troublé, il loupa un peu sa cible et la hache trancha violemment la clavicule du mort-vivant, lui arrachant le bras au passage. Une fontaine d'hémoglobine fusa dans la pièce exiguë, arrosant pratiquement toute l'assemblée. Le cadavre cria de douleur puis se laissa tomber lourdement sur le plancher de la chambre. Sans hésiter, David s'approcha de lui et termina le travail en lui coupant proprement la tête en deux.
« Y en a d'autres ? » interrogea-t-il en fixant le cadavre immobilisé à ses pieds.
Aucune réponse derrière lui, à part les pleurs et les petits cris effrayés de Stéphanie.
« T'as raison ma poule... c'est horrible, » lui lança-t-il sur un ton compréhensif.
Au rez-de-chaussée, les coups commencèrent à pleuvoir sur la porte d'entrée. Des voix montèrent puis le double vitrage vola en éclat. Ils arrivent, pensa David. Notre fin est proche... comment survivre face à de tels monstres ? En examinant le zombie, David remarqua un prospectus de couleur sombre qui dépassait du pantalon de la dépouille. Curieux, il s'abaissa pour le ramasser.
« Mon Dieu, mais qu'est-ce que tu as fait ! » lui hurla Stéphanie.
Sans prêter attention aux paroles de sa copine, David essuya soigneusement le bout de papier contre son tee-shirt et ouvrit celui-ci pour en parcourir la légende.
Il était tellement absorbé par sa lecture qu'il n'entendit même pas les auteurs du vandalisme grimper les marches qui menaient à l'étage.
« Lâche ton arme où j'te flingue p'tit con !! » aboya le flic en appuyant le canon de son arme sur la tempe de David.
Le jeune homme obéit, encore sous le choc de sa récente lecture. En retrait derrière l'homme de loi se tenait un vieux monsieur barbu, habillé d'une vieille salopette bleu délavée. C'était Akerman le voisin de David.
« J'ai bien fait de vous téléphoner non ? demanda celui-ci en tentant d'apercevoir le cadavre sur la pointe des pieds.
– Nom de Dieu ! Je vous avais dit de ne pas monter ici bordel de merde ! » hurla le policier tout en gardant son attention sur David.
Stéphanie était à genoux et pleurait à chaudes larmes, réconfortée par Nicolas qui la serait dans ses bras. Debout, Sébastien avait le regard fixe, comme s'il revivait la tuerie qui venait de se dérouler sous ses yeux.
« Que le seigneur nous vienne en aide, murmura-t-il.
– Hein ?! interrogea nerveusement le policier en maintenant le revolver sur son prisonnier.
– C'est notre faute », poursuivit Sébastien le regard toujours figé dans le vide.
« J'ai quand même bien fait d'appeler, insista le voisin. J'étais dans mon potager quand j'ai vu le petit David debout devant l'entrée. Avec tout ce sang sur lui et cette hache à la main, je me doutais bien qu'il se passait quelque chose de pas très catholique.
– Vous allez la fermer à la fin !? » cracha le policier en plaquant David au sol pour lui passer les menottes.
Sans entendre les vociférations du policier, Akerman poursuivit :
« Dire qu'il avait l'air si gentil, le parfait petit voisin en somme... Beurk ! Quelle horrible chose ! » lança-t-il en observant le zombie à terre.
Le flic eut bien du mal à extirper le dépliant des mains du jeune homme, celui-ci le serait comme un malfrat aurait tenu un bijoux inestimable. Etonné, le policier le déplia dans le bon sens et se mit à lire tout en gardant une semelle appuyée sur le dos de David :

Eric Fesquet
Avril 2008 (revisité en octobre 2009)
© ® Auteur : Eric Fesquet, texte déposé.

Auteur : Eric Fesquet, texte déposé.